La dyslexie, une autre approche ? 

La dyslexie est un trouble de l’apprentissage de la lecture et de l’écriture dont la cause principale est une pédagogie du code de la lecture et de l’écriture inadaptée aux profils kinesthésiques et tactiles des penseurs en films et à leur façon particulière d’accéder aux abstractions. Je me base sur mes expériences concrètes dans le cadre de programmes Davis®. En quelques jours, j’observe des améliorations majeures en lecture et en écriture grâce aux outils Davis®, au travail avec la pâte à modeler et à une technique de lecture analytique non basée sur une approche phonologique. Le cerveau d’un dyslexique ne peut pas avoir changé en si peu de temps. Ces changements proviennent du fait que l’on s’attaque aux sources du problème, soit les désorientations et une pédagogie inadaptée. La dyslexie n’est pas une maladie. La dyslexie n’est donc pas un handicap mais un don à maîtriser

« Les dyslexiques sont des personnes douées mais victimes d’une pédagogie inadaptée »

 

Ron Davis  

Ron Davis pense que la dyslexie ne provient pas d’une anomalie du cerveau, mais d’une façon particulière d’être intelligent. Tout d’abord, le dyslexique ne pense pas en mots, mais en films tridimensionnels et multisensoriels.

Le dyslexique peut modifier ses perceptions visuelles, auditives, temporelles en utilisant son œil de l’imagination.  Il possède un immense potentiel de créativité et d’intuition.

En effet, lorsque le contexte est déstabilisant car la pédagogie l’invalide, le dyslexique entre en désorientation. À ce moment, il confond les lettres ou les chiffres, les retourne. Tous ces phénomènes se produisent à cause des désorientations.                         

Qui ne s’est pas senti désorienté en s’immobilisant après avoir fait quelques pirouettes sur soi-même ? Qui n’a pas ressenti dans un train immobile, une impression de reculer alors que le train sur la voie d’à côté démarrait ? La désorientation est une impression que tout le monde connaît. En 1982, Ronald Davis a fabriqué un disque sur lequel il a dessiné une spirale et il a demandé à des dyslexiques et des non-dyslexiques de regarder fixement la spirale. Tous ont ressenti une déstabilisation, voire des vertiges et des nausées. Mais les dyslexiques ont identifié une sensation déjà connue : « C’est ça ma dyslexie ! s’est exclamé un adolescent. C’est ce que je ressens lorsque je lis. »

 

Davis part donc du postulat que la dyslexie est en fait un symptôme de désorientation. En quoi ce qui précède peut-il concerner la lecture ou l’écriture ? Le dyslexique est en fait un penseur en films multidimensionnels, d’une façon intuitive, en utilisant tous les sens et sans les mots. On peut, pour simplifier, les appeler des « films 3D ». Les films 3D concernent des faits réels ou imaginaires, mais qui peuvent se rattacher à des scènes concrètes, en mouvement. Tout ce qui est écrit est en deux dimensions et ne bouge pas. C’est une information codée et abstraite. Le dyslexique cherche à capter une information en trois dimensions depuis une source d’information présentée en deux dimensions. Il « tourne » autour en quelque sorte. Il fait cela avec son œil imaginaire. C’est comme s’il déplaçait une petite caméra dans l’espace. Vous pouvez aussi penser à une animation représentant un objet en 3D qui tourne et dont vous pouvez voir tous les côtés. Comme le dyslexique n’arrive pas à obtenir toutes les perspectives sur l’objet, il entre en désorientation. Il se met alors à modifier ses perceptions.

Les 37 signes révélateurs de la dyslexie®

Le programme de correction de la dyslexie Davis® apporte une aide dans leur quotidien aux personnes qui manifestent au moins 10 de ces signes. Les manifestations handicapantes de la dyslexie peuvent être corrigées et maîtrisées.

Général

  • Apparemment brillant, intelligence supérieure à la moyenne, s'exprimant bien à l'oral, mais incapable de lire, d'écrire ou d'orthographier au niveau de sa classe.
  • Étiqueté paresseux, sot, peu soigneux, immature, « manque de travail » ou « problème de comportement ». 
  • N'est pas suffisamment en difficulté pour justifier d'une prise en charge.
  • Bon QI mais échoue aux évaluations en classe. Réussit mieux à l'oral qu'à l'écrit. 
  • Se croit bête. A peu d'estime de soi. Dissimule ses faiblesses grâce à des stratégies de compensation ingénieuses. Niveau de frustration et de stress élevé face à la lecture et aux contrôles.
  • Doué pour les arts, le théâtre, la musique, les sports, la mécanique, l'art du conte, le business, les affaires, le design, la construction ou les métiers d'ingénieur.
  • Se disperse et rêve souvent. Se perd facilement et n'a pas la notion du temps qui passe.
  • A du mal à soutenir son attention. Peut paraître hyperactif ou absent.
  • Apprend plus facilement à travers la manipulation, les démonstrations, l'expérimentation, l'observation et les supports visuels.

Vision, lecture, écriture et orthographe

Comportement et développement personnel

  • Se plaint de vertige, de mal de tête ou de mal de ventre lorsqu'il lit.

  • Désorienté par les lettres, les chiffres, les mots, les séquences ou les explications orales.

  • Lorsqu'il lit ou écrit, fait des répétitions, des substitutions, des omissions, des additions, des transpositions et des inversions de lettres, de chiffres et/ou de mots.

  • Se plaint de ressentir ou de voir des mouvements non existants lorsqu'il lit ou écrit.

  • Donne l'impression d'avoir des problèmes de vision non confirmés par un bilan ophtalmologique. 

  • Excellente vue et très observateur ou alors manque de vision binoculaire et de vision périphérique.

  • Lit et relit en ayant du mal à comprendre.

  • Orthographe phonétique et incohérente.

  • Extrêmement désordonné ou alors maniaque de l'ordre.
  • Peut-être le bouffon de la classe, le fauteur de trouble ou alors trop discret.
  • A été précoce ou, au contraire, en retard dans les étapes de son développement (marcher à quatre pattes, marcher, parler, faire ses lacets…).
  • Sujet aux otites, aux allergies.
  • Gros dormeur ou, au contraire, avoir le sommeil léger. Énurésie.
  • Seuil de tolérance à la douleur particulièrement élevé ou faible.
  • Un sens élevé de la justice. Très sensible. Perfectioniste. 
  • Les erreurs et les symptômes augmentent de façon significative sous la pression de l'incertitude, du temps, du stress ou de la fatigue.

Audition et langage

Mémoire, étude et cognition

  • Hypersensibilité auditive. Entend des choses qui n'ont pas été dites ou non perçues par les autres. Facilement distrait par les bruits.

  • Difficulté à formuler ses pensées. S'exprime avec des phrases télescopiques. Ne termine pas ses phrases. Bégaie lorsqu'il est sous pression. A du mal à prononcer les mots complexes, mélange les phrases, les mots et les syllabes lorsqu'il parle.

  • Excellente mémoire à long terme pour les expériences personnelles, les lieux et les visages.
  • Mémoire faible pour les séquences, les faits et les informations qui n'ont pas été expérimentées personnellement.
  • Pense essentiellement en images et en ressenti et non en sons et en mots (peu de dialogue interne).

Graphisme et motricité

  • A du mal à écrire ou à copier. Tenue du crayon inhabituelle. Écriture irrégulière ou illisible.

  • Maladroit, mal coordonné, peu habile aux jeux de ballon ou aux sports d'équipe. Difficultés dans les tâches de motricité fine ou grosse. Sujet au mal des transports.

  • Peut-être ambidextre et confond souvent la droite et la gauche, au-dessus et au-dessous. 

Math et gestion du temps

  • A du mal à lire l'heure, à gérer son temps, à intégrer l'information ou les tâches séquentielles, à être à l'heure.
  • Pour compter, a encore besoin de ses doigts ou d'autres « accessoires ». Connaît la réponse mais ne sait pas la présenter par écrit.
  • Sait compter mais a du mal à compter les objets et à compter l'argent.
  • Est bon en arithmétique mais en difficulté avec les problèmes. Bloque au niveau de l'algèbre et des niveaux mathématiques supérieurs.

La méthode Davis® oui, mais pourquoi ?

Les méthodes traditionnelles comme la logopédie (orthophonie) partent du postulat que la dyslexie résulte d’un déficit de la conscience phonologique. Les remédiations traditionnelles sont donc de type phonologique.

La méthode Davis® part du postulat que la dyslexie résulte d’un fonctionnement particulier du cerveau qui est la pensée multisensorielle en 3 dimensions et du fait qu’un dyslexique, si l’enseignement du code est présenté uniquement en sons et en 2 dimensions, va entrer en désorientation lors de la lecture. Cela veut dire qu’il va modifier ses perceptions. Le code (les lettres et les chiffres) doit donc être enseigné en trois dimensions, avec de la pâte à modeler.  

Par ailleurs, les méthodes traditionnelles considèrent que la dyslexie est un handicap que l’on traînera à vie et les remédiations servent à  donner des techniques de compensations pour soigner la dyslexie. Ceci fait que le dyslexique fonctionne alors tant bien que mal « à côté » de son vrai fonctionnement mental. Il vit en réalité une véritable tragédie et cela conduit souvent vers 13-14 ans aux échecs scolaires et même au décrochage.

La méthode Davis® ne soigne pas la dyslexie puisqu’elle ne considère pas la dyslexie comme  une maladie mais elle permet de vivre avec son vrai fonctionnement et de contrôler les désorientations. Le dyslexique qui peut contrôler ses désorientations a quelque chose en plus du non-dyslexique. Il a toujours sa créativité et son intuition hors du commun mais il a acquis  la possibilité technique de travailler du code écrit en deux dimensions, donc de lire et d’écrire normalement.

Il s’ensuit que la méthode Davis® restaure rapidement la confiance en soi.

Programme Davis® de correction de la dyslexie

Tout commence par un entretien préliminaire qui dure 1,5h. Cet entretien  permet de fixer les objectifs du programme en fonction des difficultés. Lors de cet entretien, les deux parents sont idéalement présents. L’avis de l’enfant est essentiel et sa motivation primordiale. Il est impossible de faire un programme Davis® contre la volonté d’un enfant car il est au centre du processus.

Un programme Davis® de correction de la dyslexie dure 30h répartis sur 6 jours consécutifs. Il est essentiel que le travail soit intense afin d’installer la sensation d’orientation et l’habitude d’utiliser les outils Davis®. La sensation d’orientation est une prise de conscience des désorientations. Une fois installée, le dyslexique ne modifie plus ses perceptions. Ce qu’il voit, ce qu’il entend, ce qu’il sent n’est pas déformé. Il apprend aussi  à utiliser un outil de gestion de son énergie et un outil de relaxation qui lui permettent de s’adapter sans stress et en toute conscience aux situations de la vie scolaire.

Le code alphabétique et les chiffres sont modelés en pâte à modeler.

Des mots-pièges, qui sont des petits mots comme « encore », « un », « le » sont modelés en pâte à modeler. En effet, ces petits mots ne peuvent pas être associés à une image et donc il faut les modeler pour qu’ils ne provoquent pas une désorientation.

Une  nouvelle technique de lecture est mise en place en insistant sur la lecture du nom de chaque lettre avant de lire le mot et en s’écartant des méthodes phonologiques, globales et semi-globales.

Des exercices d’écriture en état d’orientation permettent d’améliorer très rapidement le graphisme. Les exercices de jeu avec les balles koosh® favorisent de nouvelles connexions  neuronales.

Les séances se déroulent de façon individuelle à Waterloo, drève du Moulin 86. Un horaire type est :9h30-12h30/14h-16h.

Le plus souvent, un parent déjeune avec l’enfant pendant la pause de midi.       

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Avant

15 jours plus tard

Évolution via la méthode Davis®

La méthode Davis® oui, mais pour qui ? 

À toute personne ayant des troubles de l’apprentissage à partir de 8 ans.

Avant 8 ans, un programme spécifique existe. 

Le programme est très efficace avec des adultes dyslexiques qui « traînent » leurs difficultés depuis des années et qui découvrent enfin la source de tous leurs détours et efforts. Ils en sortent rapidement vivifiés.

Pour les jeunes enfants de moins de 8 ans, le travail se fait par demi-journée avec des outils adaptés.

La méthode Davis® est efficace sur tous les troubles « dys » (dysorthographie, dyspraxie mais aussi les troubles de l’attention, l’hyperactivité et la dyscalculie). En effet, tous ces troubles sont causés par les désorientations et la pensée en 3 dimensions.

Il y a un programme spécifique pour les troubles de l’attention avec ou sans hyperactivité et pour la dyscalculie.  Il s’agit en effet avant tout de maîtriser le temps et l’ordre en modelant des concepts comme changement, conséquence, cause, effet, avant, après, séquence.

Pour l’efficacité du programme, il est important que les parents s’impliquent en se renseignant sur le contenu de la méthode et le fonctionnement dyslexique. C’est toute la famille qui vit un programme Davis®.

Idéalement, il est utile qu’ils aient lu le don de dyslexie de Ron Davis et mes deux livres. Bien souvent l’un des deux parents, parfois les deux se découvrent eux-mêmes dyslexiques et des pans entiers de leur vie s’éclairent sous un nouveau jour.

Dans de nombreux cas, un des deux parents assiste chaque séance de l’après-midi. Afin d’être capables d’assurer le suivi après le programme, les parents doivent assister à au moins deux demi-journées de travail. C’est absolument nécessaire pour apprendre à modeler les mots-pièges, faire les exercices de lecture et jouer avec les balles koosh®. La méthode Davis® n’est pas une potion magique mais un entraînement à vivre sa dyslexie d’une autre façon avec des techniques particulières.

Le rôle des parents

Ron Davis

Ron Davis est un américain né en 1942 à Salt Lake City en Utah. Enfant, il avait été considéré comme un bébé atteint du syndrome de Kanner (autisme) et il ne se développait pas comme ses deux autres frères. A douze ans il fut diagnostiqué retardé mental  et il était incapable de lire, écrire et orthographier malgré un QI de 137. A 38 ans, il était toujours considéré comme illettré mais il avait quand même réussi à devenir ingénieur mécanicien. Il a appris par lui-même à stabiliser ses perceptions et trouver le moyen de corriger sa dyslexie en maîtrisant son « œil de l’imagination ». En 1981, il a fondé le Reading Research Council et en 1982 il avait élaboré la méthode afin d’aider les dyslexiques de tous âges venant au Davis® Dyslexia Correction Center. Il a écrit son premier livre « le don de dyslexie »  en 1994 et en 1995, il a fondé la Davis® Dyslexia Association (DDAI) qui forme des praticiens (plus de 500 aujourd’hui) dans le monde entier.

Ron Davis s’intéressait au problème de l’autisme depuis les années 80 car parmi les clients dyslexiques venus au Reading Research Council, il y avait aussi souvent des enfants et des adultes atteints du syndrome d’Asperger et d’autres caractéristiques du spectre de l’autisme. Les succès obtenus par ces personnes en utilisant ses méthodes  l’ont encouragé à développer un programme standardisé pour l’autisme. En février 2008, il  a commencé à former les facilitateurs Davis® pour l’autisme et en 2012 il  a co-écrit avec Abigail Marshall un livre intitulé «L'autisme et les graines du changement» décrivant son approche révolutionnaire pour donner aux personnes autistes le pouvoir de participer plus pleinement à la vie.

Livres du même auteur

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Programme Davis® de correction de la dyslexie

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©1992 by Ronald D.Davis; Used with Permission